C’était une froide matinée d’hiver. Le vent était glacial et soufflait si fort que les branches des arbres se balançaient de droite à gauche dangereusement en manquant de craquer. Pour sortir, j’avais été obligée de mettre des protège oreilles par-dessus mon bonnet tellement il faisait froid. Je tenais à peine debout sur mon vélo, et avec des moufles, pour freiner, ce n’était vraiment pas pratique. En plus, mon écharpe, s’envolant à moitié, venait constamment me boucher la vue. J’étais tellement frigorifiée que j’avais la goutte au nez, et bien sûr, impossible de me moucher.
Le jour n’était même pas encore levé. La lumière des lampadaires dans la rue n’éclairait pas grand-chose, mais heureusement, il n’y avait pas beaucoup de monde. Je savais que j’étais devenue un danger public, mais je n’y pouvais pas grand-chose.
Tout à coup, une silhouette traversa la rue en courant, et l’ayant à peine vue, je n’avais pas eu le temps de m’arrêter. Le choc n’avait pas été très violent pour moi, par chance, je tombai du vélo et j’atterris lourdement sur le trottoir. C’est à ce moment là que j’ai entendu sa voix pour la toute première fois.
- Mademoiselle ? Ça va, rien de cassé ?
Je levai les yeux et je vis une jeune fille, sac en bandoulière, qui me regardait avec une lueur d’inquiétude et de culpabilité dans les yeux. Des grands yeux bleus tout brillant. Elle avait des longs cheveux noirs détachés qui volaient autour d’elle. J’étais incapable de dire ce qui se passait autour de nous. J’avais sûrement dû me taper la tête plus fort que je ne le croyais sur le trottoir.
Elle m’aida à me relever et me tendit mon vélo qui n’avait pas été abîmé. Heureusement, d’ailleurs.
- Vous allez bien ? s’enquit-elle en se penchant vers moi.
- Oui… Je crois…
En réalité, je n’en savais absolument rien. J’aurais pu avoir un bras de cassé, ça n’aurait pas changé grand-chose. Elle m’adressa un sourire désolé en reculant d’un pas.
- Encore désolée d’avoir déboulé comme ça, s’excusa-t-elle. Je… dois y aller. Je suis en retard. Au revoir ! Et encore pardon !
Et elle s’en alla en courant. Je la regardai partir, son manteau se gonflant dans le vent, ses cheveux d’ébène volant derrière elle. Je réalisai alors que je ne lui avais même pas demandé si elle allait bien. Je m’en voulus sur le coup, mais elle avait l’air d’aller bien. Elle disparut au coin de la rue et je me remis sur la selle de mon vélo et pédalai comme une folle pour espérer être à l’heure au boulot. Cette rencontre inattendue et plutôt brusquée avait teinté ma journée d’une drôle de couleur. Une couleur que je n’avais jamais vu avant.
Tadaaaam !! Voilà
pour mon premier article ! Vous en pensez quoi ? Ce n'est qu'un
début hein ^^' J'attends vos réactions avec
impatience ! 